Mémoires de la famille-monde
Nos mémoires sont multilingues, elles connaissent tous les océans et tous les isthmes, elles errent de ville en ville, elles nomment dans toutes les langues, (plus personne n’ose refuser un prénom, sous prétexte qu’il ne serait pas chrétien, dans quelque service d’état-civil que ce soit), elles se partagent par dessus les frontières, nos familles vagabondent d’archipels en continents, quand elles en ont les moyens, les parents viennent de Lettonie et du Maroc, les enfants sont nés à Port of Spain et à Sydney, ils ont fait leurs études en Californie et à Rio, tout le monde se rencontre à Québec, nous faisons tous de même, quand même nous voici-là immobiles et contenus dans nos présences, comme les peuples sans ressources.
Nos mémoires inventent des ailleurs.Telle est la révolution incessante qui nous porte, plus agissante que les bouleversements des technologies ou que les grandes déferlantes des sensibilités globalisées. (…)
Que les mémoires se renforcent et s’exaltent véritablement, dans la multiplicité monde ! (…)
Une de nos chances, la plus constante et la plus sûre, d’échapper à l’arbitraire des choix et à la subjectivité des perspectives est de considérer qu’il ne s’exerce plus pour nous, dans la modernité, une Histoire, une seule et grande, dont on nous a tant accablés, (et pour le coup, ce nous est celui des humanités tout entières), qui continuerait de nous contraindre à de fausses unités, mais que nous entrons dans l’infini d’une quantité finie d’histoires, les histoires des peuples, qui se rencontrent enfin et s’éclairent peut-être et multiplient la Relation, de toutes unités à toute multiplicité.
Edouard Glissant
Tous les jours de mai 9 mai 2008 1
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Résistencialisme
Noyer le poisson mémoriel dans un océan d’oubli, et pourtant, nager et se souvenir encore.
Multiplier les ancres pour n’être retenu par aucune, et cependant être enchaîné à ce qui nous lie encore, une fois qu’on a tout largué.
Imaginer un ailleurs où la distance d’avec soi-même ferait un écran protecteur entre la peau et la chair.
Croire que la géographie des multiplicités est plus forcément plus vaste et ouverte que l’imaginaire ancré dans l’immobile.
Penser que la racine vaut moins que ce qui l’emporte parce que le souvenir de la chaîne continue de ronger la mémoire.
Ce n’est pas son histoire. Ce n’est pas son voyage.
Cette utopie qui prétend embrasser le tout de la Totalité dans le tout de la Multiplicité trace un cercle au plus large, mais au final, c’est encore une frontière qui s’érige en épicentre de la reconstruction du réel sublimé par l’art du supportable.
Une intellectualisation de l’urgente nécessité d’éloigner la mémoire qui brûle, la cicatrice qui saigne dans la mémoire d’un passé qui continue de geindre.
La famille-Monde est taillée dans les rêves d’une totalité embrassante. Sa diversité érigée en modèle se porte garante de l’apaisement des tensions transigées au nom de la mixité érigée en modèle.
La famille-Monde est pacifique, plurielle, ouverte, et accueillante.
Le Moi qui s’y oppose est un nano-Monde irréductible à aucun autre.
Ignoré des cartographes, oublié des historiens. Il est son propre horizon au-delà de toute pluralité recensable.
L’individualisme qui l’a accouché a créé pour lui un univers monadique où il est éternellement seul.
Cet Etre-Soi aux antipodes de la famille-Monde, c’est l’ Individu, principe pour lui-même de toute raison, et destinataire ultime de toute fin.
Il croit reconnaître dans la pluralité de la famille-Monde la promesse de sa propre disparition.
C’est pourquoi il vit dans sa bulle, débarrassé de l’utopie de l’Autre, et saisit toute occasion pour affirmer sa différence dans le but de préserver son identité.
Il ne veut plus être Un parmi la multiplicité des individualités indistinctes.
LUI, résiste à la pluralité exaltée par la famille-Monde.
LUI veut exister. Seul. Pour lui-même. D’abord, pour lui même.
LUI, est entré en “Résistencialisme”.
- publié sur le blog 24heures Philo Regards de philosophes français et étrangers sur l’actualité. Un blog coordonné par François Noudelmann. [back]
» Mémoires de la famille-monde
Ecran blanc
Tanya et Sartaj Gill, Miami, lundi 25 novembre 2002, 22-23 heures.

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photographie : Matthew Pillsbury 1
34 ans, américain né en France, vit à New York.
“Il enregistre ses images à la seule lueur d’un écran de télévision ou d’ordinateur… Fasciné par les espaces qu’occupent aujourd’hui ses compatriotes, habités seulement par des écrans de télévisions ou d’ordinateurs, petits rectangles luminescents dans un espace urbain souvent grandiose que l’on aperçoit par les fenêtres. Les musées d’histoire naturelle ont souvent attiré le regard des photographes, ici ce sont les visiteurs qui deviennent fantomatiques
alors que les animaux naturalisés prennent vie. “ 2
“Ces images, qui ont reçu le prix 2007 de la Fondation HSBC pour la photographie, disent aussi notre solitude et notre propension à chercher un peu de chaleur auprès de ces objets à la lumière pourtant froide.” 3
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En dernière analyse, ce n’est ni le talent, ni l’absence de talent, ni même l’industrie cinématographique ou la publicité, c’est le besoin qu’on a d’elle qui crée la star. C’est la misère du besoin, c’est la vie morne et anonyme qui voudrait s’élargir aux dimensions de la vie de cinéma. La vie imaginaire de l’écran est le produit de ce besoin réel. La star est la projection de ce besoin.
- Galerie Baudoin Lebon, Paris (IVe). 4 Septembre 2007 au 22 Septembre 2007 [back]
- Commentaires d’Alain Sayag, conseiller artistique 2007 de la Fondation HSBC pour la Photographie [back]
- Matthew Pillsbury 11 septembre 2007 Fisheye blog de Jean-Sébastien Stheli [back]
Mort de Robert Rauschenberg
“Le Pop Art est en deuil. L’expressionnisme abstrait est en deuil”. 1
Robert Rauschenberg s’est éteint dans la nuit du 12 au 13 mai, il avait 82 ans. 2

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«Le travail de l’artiste est d’être le témoin de son temps dans l’histoire»
Robert Rauschenberg 3
Elève d’un maître du Bauhaus
Rauschenberg 1958
Rauschenberg eut pour maître Josef Albers, du Bauhaus, dont il a dit : «[Il] fut le plus grand professeur que j’aie jamais eu […]. Ce qu’il enseignait portait sur l’ensemble du monde visuel. Il ne vous apprenait pas à “faire” de l’art. Il s’intéressait à votre manière de regarder.» 4
Rauschenberg et la danse
L’oeuvre de Robert Rauschenberg et son étroite collaboration avec le danseur Merce Cunningham témoigne de son intérêt toujours renouvelé pour le dialogue entre mouvement et arts plastiques. 5 Il affirma même que pour lui, cette collaboration revêtait une importance primordiale :

“When he won the international grand prize at the Venice Biennale in 1964, he said he regarded the Merce Cunningham Dance Company as his biggest canvas”. 6
Rauschenberg and Dance, Partners for Life The New York Times, By ALASTAIR MACAULAY
Published: May 14, 2008
John Cage et Robert Rauschenberg
John Cage et Robert Rauschenberg eurent l’occasion de collaborer au Black Mountain College en 1951. Le « silence » de Cage de 4′33 et les surfaces obstinément blanches de Rauschenberg “ne sont pas de simples dénégations de la musique ou de la peinture. Ils ont plutôt été réalisés pour servir de réceptacle à ce qui est habituellement extérieur à l’art ; ombres, bruits, poussières, toussotements….”7. Pour lui, le vide était plein de ce qui l’entoure.
Tous les objets de la vie ont vocation à être utilisés
A propos de son utilisation des matériaux les plus divers, Robert Rauschenberg déclare :
“Je désire intégrer à ma toile n’importe quel objet de la vie”
Monogram 19558

“A.. P. : Pourquoi intégrez–vous dans vos oeuvres des bouteilles, des ficelles, des chaises, des objets divers ?R.. R.. : je n’ai aucun but. Les peintres emploient des couleurs qui, elles aussi, sont fabriquées. je désire intégrer à ma toile n’importe quels objets de la vie. [ ... ]L’erreur c’est d’isoler la peinture, c’est de la classifier. J’ai employé des matériaux autres que la peinture, afin qu’on puisse voir les choses d’une manière neuve, fraîche.”
Entretien avec André Parinaud -1961 9
“Les combines” (1954)
Minutiae 1954
“L’aventures des “Combines”, commence avec “Charlene” et “Minutiae” (1954). Minutiae est œuvre en trois dimensions rassemble les éléments chers à Rauschenberg : textiles, bois et miroirs. C’est un décor pour “Minutiae”, une chorégraphie de Merce Cunningham, créée le 8 décembre 1954 à la Brooklyn Academy of Music, sur une musique de John Cage, on verra les danseurs traverser l’oeuvre et se déplacer à l’intérieur”. 10
Happening
Robert Rauschenberg - video This video is an excerpt of Robert Rauschenberg’s orginal footage ‘Linoleum’ It is part of his 1966 art ‘Happening’. Black/white, silent film.
Rauschenberg Overseas Culture Interchange
In 1984 he launched Rauschenberg Overseas Culture Interchange (ROCI), a massive undertaking in which photographs, paintings, sculpture, and videos were created and exhibited in eleven countries, from Mexico to Malaysia, and culminated in a 1991 exhibition at the National Gallery of Art, Washington.
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Robert Rauschenberg - Chronologie biographie MAMAC Nice
Robert Rauschenberg : Man at work
Chuck Close & Robert Rauschenberg: 1 hr video interviews Interview with Robert Rauschenberg, Fall 1997 : 1) Interview 2) Walking tour at the Guggenheim (second part of the video from 29′->to the end)
- HOMMAGE A ROBERT RAUSCHENBERG Guillaume Benoit pour Evene.fr - Mai 2008 [back]
- Merde! Rauschenberg est mort May 14, 2008 Elisabeth LEBOVICI [back]
- Mort de Robert Rauschenberg, maître américain du XXe siècle Le Figaro, Bertrand Dicale 14/05/2008 [back]
- Rauschenberg Ultime transfert Libération 14 mai 2008 [back]
- Xover - eyeSpace - Sounddance / Merce Cunningham Dance Company” * Xover (crossover) première représentation en France en 2007 [back]
- Rauschenberg and dance, partners for life By Alastair Macaulay May 14, 2008 International Herald Tribune [back]
- Le sens du monochrome et le choix du chaos [back]
- ”“huile, papier, papier imprimé, reproductions, metal, bois, talon de chaussures en caoutchouc et balle de tennis sur toile, avec de la peinture à l’huile sur chèvre Angora et pneu se tenant sur une plate-forme de bois montée sur quatre pieds”” [back]
- Les Combines de Robert Rauschenberg Boomer café [back]
- Les Combines de Robert Rauschenberg
Robert Rauschenberg’s “Combines” : One of Rauschenberg’s first and most famous combines was entitled “Monogram” (1959) and consisted of an unlikely set of materials: a stuffed angora goat, a tire, a police barrier, the heel of a shoe, a tennis ball, and paint. — pbs.org [back]
Logique Shadock et devoir d’information
Application de la logique Shadock à la diffusion des brèves politiques par l’AFP
Cours de logique Shadock
“La notion de passoire est indépendante de la notion de trou et réciproquement”
Une passoire de premier ordre, laisse passer l’information, et les nouilles
Une passoire de second ordre, laisse passer les nouilles, mais pas l’information
Une passoire de troisième ordre, dite complexe, laisse passer l’information, mais pas les nouilles
Les passoires de troisième ordre se divisent en deux catégories :
Les passoires complexes dites de droite qui laissent passer l’information, mais pas les casseroles de la Gauche (exemple, l’AFP oubliant de reprendre des déclarations de l’UMP concernant la “délinquance sociale” de Madame Ségolène Royal)
Les passoires complexes dite de gauche, qui laissent passer l’information, mais pas les casseroles de la Droite (sur les chances d’obtenir une liste exhaustive, voir : probabilité d’un mai 68 bis)
Dans un souci de “fluidifier” la circulation de l’information, la logique Shadock a été sollicitée au plus haut niveau pour réduire les risques de blocage des trous dans le cadre de libre circulation des invectives politiques à usage général.
Deux méthodes ont été envisagées :
- L’augmentation de la largeur des trous de la passoire complexe, qu’elle soit de dite de Droite ou de Gauche, afin de laisser passer le maximum d’information à destination du public.
Cependant, les Shadocks experts en trous, ont rappelé que s’agissant des passoires complexes, la largeur du trou ne change rien au blocage, quand il s’agit de faire passer des réformes dites complexes, particulièrement impopulaires.
Des spécialistes de la prospective ont averti qu’un élargissement continu du diamètre des trous de la passoire complexe pourrait entrainer un accroissement du vide tel que la passoire pourrait à terme ne plus avoir qu’un seul trou.
Les partisans de l’information-passoire ont fait valoir qu’à l’heure où l’on célèbre le quarantième anniversaire de la fin de l’information monotrou qui laissa jusqu’en 1968 passer dans un trou unique, la seule information visée par la censure gouvernementale, il serait illogique de s’engager au nom de la liberté de l’information, dans une politique de diminution des trous dont on sait au contraire qu’ils contribuent de façon essentielle au pluralisme de l’information.
L’ Académie a fait valoir qu’elle s’opposerait au nom de la défense de la langue, à ce que le mot “passoire” soit utilisé pour désigner une passoire à un seul trou.
- Prenant acte de ces objections, il a été finalement été proposé une deuxième méthode supprimant le filtrage préventif de l’information qui deviendrait consultable par quiconque, dispensait les professionnels du devoir de l’analyser avant d’en assurer la diffusion.
On contournerait ainsi la difficulté d’un débat éthique sur le bon usage de la passoire dans le traitement de l’information en réinventant le tableau d’affichage. Le journaliste ne serait plus le petit télégraphiste du pouvoir, mais le dépositaire d’informations gouvernementales sur le contenu desquelles il n’aurait plus à exercer sa critique.
Les brèves dites “sensibles”, jusqu’ici traitées par les passoires complexes, pourraient se voir dispensées de tout examen préalable à leur traitement.
Il a donc été proposé de supprimer des passoires complexes, les trous qui faisaient polémique, et d’entreposer leur contenu ainsi dispensé de filtrage, dans un endroit librement accessible à tous.
Ainsi le traitement des brèves de l’AFP s’apparenterait à celui réservé aux passoires sans trou.
» Logique Shadock et devoir d’information
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60 ans d’Israel : prix citron de la paix …
je m’efforce de raconter l’histoire d’individus, souvent seuls. C’est dans la compréhension de chacun que j’essaie de saisir les problèmes dans leur globalité.
Eran Riklis
“Les citronniers” : film de Eran Riklis 1
Né en 1954 à Jérusalem, Eran Riklis a été élevé aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil ; il a étudié à la Beaconsfield National Film School en Angleterre. Il réalise son premier film en 1984, “On a Clear Day You Can See Damascus”. Il tourne ensuite “Final Cup” (1991), “Zohar” (1993), “Volcan Junction” (1999), “Temptations” (2000) et “La Fiancée syrienne” (2005).
Film français, allemand, israélien.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 46min.
Année de production : 2007
Titre original : Lemon Tree
Distribué par Océan Films
Date de sortie : 23 Avril 2008
Interprètes : Hiam Abbass (Salma Zidane), Ali Suliman (Ziad Daoud), Rona Lipaz Michael (Mira Navon)
Synopsis
Salma est veuve. Elle habite un tout petit village palestinien de Cisjordanie situé sur la Ligne verte qui sépare Israël des territoires occupés. Sa survie ne tient pas à grand chose : la vente des citrons qui proviennent de son bosquet. Mais, lorsque le ministre israélien de la défense s’installe en voisin, il informe Salma que sa plantation de citronniers doit être rasée au motif que des terroristes pourraient l’utiliser pour infiltrer Israel.

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Salma est bien décidée à sauver coûte que coûte ses magnifiques citronniers. Quitte à aller devant la Cour Suprême afin d’y affronter les redoutables avocats de l’armée soutenus par le gouvernement. 2
Mais une veuve palestinienne n’est pas libre de ses actes surtout lorsqu’une simple affaire de voisinage devient un enjeu stratégique majeur. Salma va trouver une alliée inattendue en la personne de Mira l’épouse du ministre. Entre les deux femmes s’établit une complicité qui va bien au-delà du conflit israélo-palestinien.
Comme dans La fiancée syrienne (2004), Eran Riklis a choisi de traiter les tensions politiques et les conflits de territoires à travers les guerres particulières qui opposent les petites gens aux gens de pouvoir.
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Interview
‘Les Citronniers c’est un prolongement de votre réflexion entamée avec ‘La Fiancée syrienne‘. Vos questions sur la folie de ce conflit ont-elles trouvé des réponses ?
Oui, à ceci près que ‘Les Citronniers’ est un film beaucoup plus dangereux. ‘La Fiancée syrienne’ abordait la situation des Juifs habitant la frontière syrienne, relativement calme. Dans ‘Les Citronniers’, l’action se déroule sur la “Ligne verte”, à la frontière cisjordanienne, au coeur du conflit israélo-palestinien. A travers mes personnages, je m’efforce de sonder les individualités de chacun. Je ne prétends pas apporter des réponses. Simplement des suppositions. Entre autres, dans ‘Les Citronniers’, je tenais à témoigner du manque de communication qui règne au Moyen-Orient. Mais j’essaie de rester le plus objectif possible. De procéder avec subtilité. De rester dans la suggestion. Au spectateur d’émettre son jugement. Je ne suis qu’un observateur. Qu’un réalisateur. Je ne connais rien à rien ! (Rires)
(…)
‘Les Citronniers c’est un film honnête. On ne perçoit aucun jugement de votre part…
Mes films sont “démocratiques”. Plus que réalisateur et citoyen d’Israël, je suis surtout un réalisateur et citoyen du monde. Je ne travaille ni pour Israël ni pour la Palestine, mais pour ce que je considère comme ma propre vérité. Il s’agit surtout d’être honnête avec soi-même et de rester seul maître de ses choix. ‘Les Citronniers’ pointe du doigt une réelle psychose sécuritaire. Si mon film ne fait pas l’unanimité et qu’il provoque tout un processus de réflexion de part et d’autre, tant mieux. Mon but n’est pas de satisfaire tout le monde.
Amère citronnade INTERVIEW D’ERAN RIKLIS : son dernier film, ‘Les Citronniers’, transcende le politique pour s’intéresser à l’individu et à un quotidien gangrené par l’absurde.
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- Eran Riklis Israel [back]
-
l’ouvrage paru en 2002, “The Occupation of Justice : the Supreme Court of Israel and the Occupied Territories“, State University of New York Press, 2002, 262 p.1], de David Kretzmer montre comment la Cour suprême d’Israël a, par sa jurisprudence, validé les principaux aspects de la politique menée par le gouvernement israélien dans le territoire palestinien occupé : expropriation de terres, installation d’implantations juives, expulsions, démolition de maisons, etc. Siégeant en tant que Haute Cour de Justice, la Cour suprême d’Israël est habilitée à statuer sur la légalité des décisions adoptées par les autorités publiques. Les Palestiniens des territoires occupés sont ainsi autorisés à attaquer les mesures prises à leur encontre par les autorités militaires ou les gouvernements israéliens. Si certaines décisions particulières ont pu faire l’objet d’une condamnation par la Cour suprême, jamais la politique gouvernementale ne s’est trouvée remise en cause en son principe. A cet égard, on peut dégager de la jurisprudence de la Cour suprême trois caractéristiques : le développement d’une interprétation très partisane du droit international applicable, en contradiction avec la lecture généralement admise, l’évitement des questions trop délicates - comme celle de la licéité des implantations juives - et la prépondérance donnée aux motifs de sécurité dans l’analyse de la légalité des décisions mises en cause.” La légitimation de la construction du Mur François Dubuisson, Pour la Palestine n°48 20 janvier 2006
Legal context
“By placing responsibility for the occupied territories in the hands of a military administration the Israeli government has tried to exclude judicial supervision and intervention to restrain their abuses. To its credit the Supreme Court has declined to be totally excluded and has been prepared to accept petitions for judicial review in some cases of activities in the West Bank, but it has been almost entirely ineffective because it has routinely deferred to arguments based on security. It has upheld house demolitions and for many years permitted torture. Although its attitude changed [5] , torture seems still to be in regular use.
On his retirement Judge Barak was praised as a champion of human rights and a judicial genius. Yet an Israeli writer,Gideon Spiro, has recently disputed his claim to balance human rights against the demands of security. “Miraculously” says Spiro, “whenever Barak perceives a conflict between the rights of occupied Palestinians and ‘security’, ‘security’ nearly always wins the day.”
source : No Justice, No Peace A lecture by Sir Geoffrey Bindman on the 40th anniversary of the occupation of the Palestinian territories to Amnesty International UK at the Human Rights Action Centre, London EC2 on 5 June 2007, at Independent Jewish Voices
* The Legacy of Justice Aharon Barak : A Critical Review by Nimer Sultany, Harvard Law Journal April 30, 2007 48 Harv. Int’l L.J. Online 83 (2007)
* Providing a Right of Self-Defense Against Large-Scale Attacks by Irregular Forces: The Israeli-Hezbollah Conflict by Giuliana Ziccardi Capaldo June 5, 2007 48 Harv. Int’l L.J. Online 101 (2007)
* COURTING CONFLICT: THE ISRAELI MILITARY COURT SYSTEM IN THE WEST BANK AND GAZA, by Lisa Hajjar. Berkeley, CA: University of California Press, 2005. 335pp
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Joschka Fisher : ce qui reste de 68
Vous avez parlé des conséquences négatives de 68. Qu’entendiez-vous par là ?
Les grandes erreurs concernent, premièrement, la question de la violence, deuxièmement, la sous-estimation totale de l’importance des institutions démocratiques et, troisièmement, l’omission de la suprématie du droit. La renonciation à la violence, les institutions démocratiques et ” the rule of law” [l'autorité de la loi] sont les conditions de la liberté. Le mouvement de 68 les a largement négligées. En ce sens, les critiques de Jürgen Habermas 3 par exemple, étaient justifiées. Sans aucun doute. Par la suite, des gens comme Günter Grass nous l’ont reproché. A juste titre. C’est le point décisif. 4
Vous, personnellement, quand avez-vous pris conscience que la renonciation à la violence, les institutions démocratiques et le règne du droit étaient essentiels ?
Ce fut un processus qui a duré jusqu’à la fin des années 1970.
Le terrorisme de la bande à Baader a-t-il joué un rôle dans cette prise de conscience ?
Naturellement. Plus tard, il a joué un grand rôle. Mais aussi, en 1976, Entebbe [le détournement par un commando palestinien et deux membres de la RAF (la Fraction armée rouge, ou "bande à Baader") d'un avion d'Air France vers Entebbe, en Ouganda]. Que deux Allemands aient sélectionné parmi les passagers ceux qui étaient juifs et ceux qui ne l’étaient pas, ce fut un choc. C’était épouvantable. Il y a eu d’autres événements comme ça. Je ne suis pas toujours d’accord avec André Glucksmann, mais son livre La Cuisinière et le mangeur d’hommes (Seuil) a exercé une grande influence sur moi. Il m’a ouvert la voie vers toute une littérature. Ce qui reste de 68, c’est un engagement passionné pour les minorités, pour les opprimés. 1
Joschka Fischer : “Ce qui reste de 68, c’est un engagement passionné pour les opprimés” LE MONDE 2 09.05.08
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Des slogans
* Il est interdit d’interdire Dessous les pavés, c’est la plage !
* Soyez réalistes, demandez l’impossible !
* Désirer la réalité, c’est bien ! Réaliser ses désirs, c’est mieux !
* La chienlit, c’est lui ! L’anarchie, c’est je !
* Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs.
* Mettez un flic sous votre moteur.
* Ici, on spontane.
* Le rêve est réalité
* L’imagination prend le pouvoir.
* Plus jamais Claudel !
* Ne vous emmerdez plus ! Emmerdez les autres !
* Le mandarin est en vous
* J’ai quelque chose à dire, mais je ne sais pas quoi.
* Ouvrons les portes des asiles, des prisons et autres facultés.
* Nous sommes des rats (peut-être) et nous mordons les enragés.
* Une révolution qui demande que l’on se sacrifie pour elle est une révolution à papa
* Laissons la peur des rouges aux bêtes à cornes !
* Il n’y aura plus désormais que deux catégories d’hommes : les veaux et les révolutionnaires. En cas de mariage, ça fera des réveaulutionaires.
* Les armes de la crique passent la critique des armes
* J’emmerde la société et elle me le rend bien !
* Ne prenez plus l’ascenseur ! Prenez le pouvoir !
* Le respect se perd, n’allez pas le chercher !
* Le pouvoir est au bout du fusil. (Est-ce que le fusil est au bout du pouvoir ?)
* L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste.
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Mai 68 : contribution à l’individualisme
Mai 68 a-t-il réellement contribué à changer la société ou celle-ci aurait-elle de toute manière évolué de la manière que l’on connaît ?
Tous les moments historiques ont des incidences pour ceux qui les vivent. Mais il est difficile d’en juger réellement l’impact. Je pense toutefois que Mai 68 a apporté de nombreux aspects bénéfiques. Notamment car il a permis d’ouvrir des débats sur toutes les questions, sans entraves, et d’avoir des discussions critiques sur tout. C’est essentiel. Mais corollaire, je pense qu’à force de parler de tout, sans balises suffisantes, on en est arrivé à prendre des mesures très restrictives pour «remettre notre société sur le droit chemin», pour lui construire son prétendu bonheur. Car aujourd’hui, pour être bien soi-même, il faut mettre de l’ordre chez les autres ! Mai 68 a donc aussi contribué de cette manière-là à l’individualisme de notre société. 2
- ”Face à ce mal absolu, brun ou rouge, se dresse la démocratie, troisième terme qui retrouve vigueur dans ces années-là. La démocratie est alors redécouverte par nombre de ceux qui en avaient longtemps dénoncé la nature formelle : les droits y auraient été, en effet, accordés à des citoyens érigés en entités d’autant plus abstraites que le politique voulait ignorer la réalité sociale de chacun, les différences économiques ou culturelles qui pouvaient entraver l’exercice même de ces droits. Du jour au lendemain, ou presque, la démocratie est proclamée, dans un discours commun largement médiatisé, voire médiatique, l’horizon indépassable de l’humanité, nouvelle entéléchie de cet « avenir radieux » autrefois promis par l’idéologie prolétarienne. Elle est une nouvelle catégorie métaphysique, un objet sans histoire, ni origine, ni fin, qui permet, selon une dramaturgie alors illustrée par le philosophe André Glucksmann, de faire entendre la voix de l’humanité simple, sans qualité, autrement appelée « la cuisinière », face au totalitarisme du pouvoir dénoncé comme « mangeur d’hommes »” L’Invention démocratique. Les Limites de la domination totalitaire par Claude Lefort, 1981 www.culturesfrance.com [back]
- Jacques Hainard juge positif l’héritage de Mai 68 6.05.2008 tsr.ch [back]
- Le philosophe Jürgen Habermas et Geert Wilders “Pourquoi, monsieur Wilders, voulez-vous provoquer?” Marijke van der Meer et Hélène Michaud 21-03-2008 [back]
- Eléments pour une histoire comparée de mai 68 en France et en Allemagne Groupe d’Analyse Politique, Paris X Nanterre Ingrid Gilcher-Holtey [back]
» Joschka Fisher : ce qui reste de 68
France 2025 : un diagnostic stratégique
Le secrétaire d’Etat à la prospective, Eric Besson, a rendu public le 22 avril 2008 un état des lieux chiffré de la situation économique, sociale et sociétale de la France en 2008 mis en perspective par rapport au contexte international. Le rapport est Intitulé “France 2025 : un diagnostic stratégique“.
En 2007, Eric Besson précisait l’objet du rapport en ces termes :
Il s’agira de mettre en lumière les évolutions fondamentales du monde et de les mettre en rapport avec les forces et les faiblesses de notre pays. Autrement dit, de croiser un bilan de santé de la France avec un tableau raisonné de l’économie-monde. Bien sûr, la prospective ne consiste pas à lire dans une boule de cristal ! Mais il est tout de même possible de prolonger certaines courbes, d’anticiper aussi certaines ruptures probables, et d’en déduire, en fonction de la connaissance que nous avons de notre pays et de ses objectifs fondamentaux, les mesures à prendre, les leviers à actionner, pour se préparer à faire face et ne pas découvrir les problèmes une fois que nous aurons le nez dessus ! 1
La publication le 22 avril 2008 du rapport “France 2025″ marque le lancement d’une série de travaux de prospective destinés à décrire les différents scénarios d’évolution possibles de la France dans les quinze ans à venir, afin “d’éclairer la prise de décision publique, de susciter et de nourrir le débat sur les réformes”.
Pour préparer France 2025 : un premier état des lieux www.strategie.gouv.fr
“Durant plusieurs mois, huit groupes de travail thématiques réunissant des parlementaires, des partenaires sociaux, des hauts fonctionnaires, des experts et des représentants de la société vont se consacrer aux questions suivantes :
- la mondialisation et ses conséquences,
- l’organisation de l’appareil productif,
- le développement des capacités créatrices,
- la protection contre les risques,
- le renouvellement du « vivre ensemble »,
- la gestion des ressources rares,
- l’impact des innovations technologiques sur la vie quotidienne et
- l’avenir de l’Etat et des services publics.
Le résultat de leurs travaux sera régulièrement transmis à une commission plénière. Composée de 57 personnes, dont Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne et Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation, cette commission est chargée de préparer et de valider le rapport final qui sera remis au Premier Ministre avant la fin de l’année 2008.” 2
France 2025 rapport complet (pdf) 267 pages
Rapport de synthèse (pdf) 9 pages
Autres rapports :
La France dans quinze ans : tendances et rupture, opportunités et risques Conseil Economique et Social avril 2008
Remise du rapport final “EUROMONDE 2015 : une stratégie européenne pour la mondialisation” - Rapport final de Laurent Cohen-Tanugi : ce rapport “ambitionne de contribuer au succès de la présidence française de l’Union et au « retour de la France en Europe ». Au-delà, il a vocation à nourrir le débat électoral européen de 2009″
- Colloque “Prospective et entreprise” Eric Besson 6-12-2007 [back]
- Réformes : le diagnostic « France 2025 » est lancé Vie Publique [back]
» France 2025 : un diagnostic stratégique
9 Mai Fête de l’Europe
Le 9 mai : journée de l’Europe
Le traité constitutionnel fixe la journée de l’Europe au 9 mai, en souvenir de la déclaration du 9 mai 1950 du ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman qui est conventionnellement considérée comme la date de lancement de la construction européenne.
La célébration du 9 mai n’est pas seulement l’anniversaire de l’acte fondateur du processus de construction de l’Europe. C’est aussi le moment de la prise de conscience d’une réalité actuelle et présente qui se renouvelle quotidiennement. Le fait de vivre dans une Union européenne fondée sur les principes de l’État de droit, possédant un système démocratique basé sur la souveraineté populaire et sur les valeurs désormais indiscutées et partagées par la très grande majorité des peuples européens. Et le sens de la fête doit consister justement à ne pas oublier le parcours accompli pour parvenir à l’affirmation de ces principes et de ces valeurs et, surtout, à ne pas considérer comme acquises les conquêtes réalisées. 1
Fête de l’Europe le site
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Déclaration de Robert Schuman (9 mai 1950)
La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.
La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de 20 ans le champion d’une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre.
L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée : l’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne.
Dans ce but, le Gouvernement français propose de porter immédiatement l’action sur un point limité mais décisif :
Le Gouvernement français propose de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier, sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe.
La mise en commun des productions de charbon et d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes dont elles ont été les plus constantes victimes.
La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L’établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu’elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique.
Cette production sera offerte à l’ensemble du monde sans distinction ni exclusion, pour contribuer au relèvement du niveau de vie et au développement des oeuvres de paix.
Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique et introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes.
Par la mise en commun de productions de base et l’institution d’une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l’Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix.
Pour poursuivre la réalisation des objectifs ainsi définis, le Gouvernement français est prêt à ouvrir des négociations sur les bases suivantes :
La mission impartie à la Haute Autorité commune sera d’assurer dans les délais les plus rapides : la modernisation de la production et l’amélioration de sa qualité ; la fourniture à des conditions identiques du charbon et de l’acier sur le marché français et sur le marché allemand, ainsi que sur ceux des pays adhérents ; le développement de l’exportation commune vers les autres pays ; l’égalisation dans le progrès des conditions de vie de la main-d’oeuvre de ces industries.
Pour atteindre ces objectifs à partir des conditions très disparates dans lesquelles sont placées actuellement les productions des pays adhérents, à titre transitoire certaines dispositions devront être mises en oeuvre, comportant l’application d’un plan de production et d’investissements, l’institution de mécanismes de péréquation des prix, la création d’un fonds de reconversion facilitant la rationalisation de la production. La circulation du charbon et de l’acier entre les pays adhérents sera immédiatement affranchie de tout droit de douane, et ne pourra être affectée par des tarifs de transport différentiels. Progressivement se dégageront les conditions assurant spontanément la répartition la plus rationnelle de la production au niveau de productivité le plus élevé.
A l’opposé d’un cartel international tendant à la répartition et à l’exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l’organisation projetée assurera la fusion des marchés et l’expansion de la production.
Les principes et les engagements essentiels ci-dessus définis feront l’objet d’un traité signé entre les Etats. Les négociations indispensables pour préciser les mesures d’application seront poursuivies avec l’assistance d’un arbitre désigné d’un commun accord ; celui-ci aura charge de veiller à ce que les accords soient conformes aux principes et, en cas d’opposition irréductible, fixera la solution qui sera adoptée. La Haute Autorité commune chargée du fonctionnement de tout le régime sera composée de personnalités indépendantes désignées sur une base paritaire par les Gouvernements ; un Président sera choisi d’un commun accord par les Gouvernements ; ses décisions seront exécutoires en France, en Allemagne et dans les autres pays adhérents. Des dispositions appropriées assureront les voies de recours nécessaires contre les décisions de la Haute Autorité. Un représentant des Nations Unies auprès de cette Autorité sera chargé de faire deux fois par an un rapport public à l’O.N.U. rendant compte du fonctionnement de l’organisme nouveau, notamment en ce qui concerne la sauvegarde de ses fins pacifiques.
L’institution de la Haute Autorité ne préjuge en rien du régime de propriété des entreprises. Dans l’exercice de sa mission, la Haute Autorité commune tiendra compte des pouvoirs conférés à l’Autorité internationale de la Ruhr et des obligations de toute nature imposées à l’Allemagne, tant que celles-ci subsisteront.
Crise financière : la navigation à vue reste de rigueur
La crise se fait annoncer
Dans un article publié sur son blog le 25 février 2007, Jacques Attali écrit
Voici venir la crise…. :
(…) “Depuis longtemps, et en particulier dans mon dernier livre, je soutiens qu’une grave crise financière mondiale pourrait partir des Etats-Unis où le prix de l’immobilier sert de gages à des emprunts, qui permettent aux particuliers qui n’en ont pas les moyens d’acheter des titres en Bourse. Pour les rendre solvables , les maisons de titres endettent au maximum les gens de la classe moyenne en leur accordant des prêts au logements qu’ils ne peuvent pas rembourser, sauf par la vente de leur portefeuille boursier supposé en croissance .. Pour se couvrir elles memes contre la defection d’un de ces emprunteurs, elles regroupent ces prêts au logement en une obligation unique, des ABS, Asset–Backed Securities subprime, ou plutôt des Mortgage Backed Securities subprime, qu’elles replacent ensuite sur le marché financier 1. Que le prix de l’immobilier se retourne et c’est tout le système qui s’effondre. C’est exactement ce qui s’est passé cette semaine : depuis quelques jours, le prix des maisons baisse, les gens ont du mal à payer leurs mensualités et les revenus des promoteurs sont à la baisse (-60% pour certains). Aussi, la valeur de ces titres MBS baissent. Depuis quelques jours, ils ne valent même dans certains cas plus rien. Pour la première fois, la baisse du marché de l’immobilier aura donc des conséquences majeures sur le marché financier en général.”
En fait, l’essayiste confiera que dans son livre “Une brève histoire de l’avenir” (éditions Fayard, 2006), il avait bien prévu la crise des subprimes, … mais plus tard
Si nul n’a pu empêcher les crises financières par le passé, qu’en sera-t-il pour le futur ?
Dans sa “brève histoire de l’avenir, Jacques Atttali prévoit que nous aurons «dans vingt ou trente ans au plus, un repli des Etats-Unis sur eux-mêmes ; puis un univers polycentrique, avec une dizaine de nations dominantes ; puis, vers 2050, un monde sans Etats, marché mondial chaotique et flamboyant, que je nomme « l’hyperempire », suivi par un conflit puis, si l’humanité survit, par une démocratie mondiale.»
Curieusement, et de façon très symptomatique, on ne trouve rien sur les crises financières à venir de l’ “hyperempire”. Le futur ainsi révélé jusque dans l’implacable logique de son inéluctable avènement, semble condamner tout un chacun à l’avoir pour seul destin possible. Seule la perspective d’un conflit mondial semble inéluctable sous la plume de l’essayiste.
Christian Barbier, du Point, interpelle l’auteur : «A vous lire, l’apocalypse est logique». Réponse de Jacques Attali : « J’espère que le fait d’écrire qu’elle est probable aidera à l’éviter.» 2
- voir Titrisation [back]
- Je lis dans la pensée de Jacques Attali 9 novembre 2006 sur le blog de Didier Jacob Rebus de presse [back]
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Discours de Barack Obama sur la question raciale
Mars 2007
« Nous le peuple, dans le but de former une union plus parfaite.
Il y a deux cent vingt et un ans, un groupe d’hommes s’est rassemblé dans une salle qui existe toujours de l’autre côté de la rue, et avec ces simples mots, lança l’aventure inouïe de la démocratie américaine.
Agriculteurs et savants, hommes politiques et patriotes qui avaient traversé l’océan pour fuir la tyrannie et les persécutions, donnèrent enfin forme à leur déclaration d’indépendance lors d’une convention qui siégea à Philadelphie jusqu’au printemps 1787.
Ils finirent par signer le document rédigé, non encore achevé. Ce document portait le stigmate du péché originel de l’esclavage, un problème qui divisait les colonies et faillit faire échouer les travaux de la convention jusqu’à ce que les pères fondateurs décident de permettre le trafic des esclaves pendant encore au moins vingt ans, et de laisser aux générations futures le soin de l’achever.
Bien sûr, la réponse à la question de l’esclavage était déjà en germe dans notre constitution, une constitution dont l’idéal de l’égalité des citoyens devant la loi est le cœur, une constitution qui promettait à son peuple la liberté et la justice, et une union qui pouvait et devait être perfectionnée au fil du temps.
Et pourtant des mots sur un parchemin ne suffirent ni à libérer les esclaves de leurs chaînes, ni à donner aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et devoirs de citoyens des Etats-Unis
Il fallait encore que, de génération en génération, les Américains s’engagent —en luttant et protestant, dans la rue et dans les tribunaux, et en menant une guerre civile et une campagne de désobéissance civile, toujours en prenant de grands risques—, pour réduire l’écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité de leur temps.
C’est l’une des tâches que nous nous sommes fixées au début de cette campagne —continuer la longue marche de ceux qui nous ont précédé, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus généreuse et plus prospère.
J’ai choisi de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas tous pareils et que nous ne venons pas du même endroit mais que nous voulons aller dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants.
Cette conviction me vient de ma foi inébranlable en la générosité et la dignité du peuple Américain. Elle me vient aussi de ma propre histoire d’Américain. Je suis le fils d’un noir du Kenya et d’une blanche du Kansas. J’ai été élevé par un grand-père qui a survécu à la Dépression et qui s’est engagé dans l’armée de Patton pendant la deuxième Guerre Mondiale, et une grand-mère blanche qui était ouvrière à la chaîne dans une usine de bombardiers quand son mari était en Europe.
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